Bartholinite : symptômes et traitements

La bartholinite est une maladie gynécologique, comme son nom l’indique. C’est une infection des glandes de Bartholin, situées à l’arrière des grandes lèvres du vagin. Elle est peu connue et pourtant 2 femmes sur 100 y seront confrontées au moins une fois dans leur vie. Quelles sont les causes et comment la soigner ?

Causes et symptômes

Tout d’abord, les glandes de Bartholin sont deux glandes de la taille d’un petit pois situées à l’arrière des grandes lèvres du vagin, de part et d’autre de celles-ci. Elles participent à la lubrification du vagin durant les rapports sexuels en sécrétant un liquide incolore qui est connu sous le nom de mucus. Cette substance est véhiculée à travers un canal excréteur. Les glandes de Bartholin sont fonctionnelles uniquement durant la période d’activité génitale : elles sont inactives avant la puberté et s’atrophient après la ménopause. En temps normal, elles ne sont pas visibles, ni palpables.

En effet, la bartholinite est une infection d’une ou des deux glandes de Bartholin. Elle touche principalement les femmes âgées de 20 à 40 ans. Elle peut survenir de deux manières soit à travers des germes d’origine vaginale qui sont sexuellement transmissibles ou intestinale qui remontent par le canal et infectent la glande de Bartholin, ou encore dans certaines circonstances comme une infection localisée ou un rétrécissement congénital, où le canal sécrétant le mucus s’obstrue. En fait, le liquide s’accumule alors dans le canal, qui se dilate et forme un kyste.Il arrive que le kyste ne s’infecte pas et passe inaperçu. C’est lorsque le kyste s’infecte que l’on parle de bartholinite.

La plupart du temps, l’infection ne touche qu’une des deux glandes et se complique en abcès, rempli de pus.

Quant aux symptômes de la bartholinite, ils sont assez spécifiques : on remarque une bosse douloureuse dans une des grandes lèvres. La douleur est pulsatile, lancinante. Cette dernière peut être particulièrement vive en cas d’abcès. De plus, on distingue la présence d’une rougeur et une chaleur au niveau de la zone tuméfiée. La personne infectée souffre d’un écoulement de pus, si l’abcès s’est fistulisé, il s’agit donc d’un stade avancé. Plus rarement, on voit de la fièvre remarquable.

Traitements

Le choix du traitement dépend du stade de l’infection.

D’une part, lorsque l’infection n’a pas encore évolué en abcès, un traitement par antibiotiques est prescrit pour combattre le germe responsable de l’infection. Il peut être associé au besoin à des médicaments antidouleur aussi. D’une autre part, quand un abcès s’est formé, le traitement est chirurgical. Il consiste à inciser la glande et à drainer le pus qui s’est accumulé au niveau de l’abcès. L’opération se déroule sous anesthésie locale.

Plus précisément, l’abcès est incisé pour en drainer le pus. Ensuite, la plaie est en partie recousue afin de laisser une ouverture. Une mèche est alors posée pour assurer l’évacuation de tout le liquide et permettre une bonne cicatrisation de la zone. Elle sera gardée au moins 24 heures et potentiellement changée plusieurs fois en fonction du niveau d’infection avant l’intervention. Mais, ne vous inquiétez pas, c’est une intervention très répandue qui ne présente pas de risques majeurs.

Il faut savoir qu’après l’opération, il est possible qu’une infirmière vienne pratiquer des irrigations de la plaie à la bétadine pendant plusieurs jours. Il pourra aussi être prescrit des bains de siège à faire soi-même. Au moins une semaine d’arrêt est nécessaire pour pouvoir se remettre de l’opération et pratiquer les soins nécessaires. Il faudra au minimum un mois avant d’être autorisée à recommencer le sport ou de reprendre une vie sexuelle normale. La zone restera néanmoins sensible un certain temps.

Notons aussi que 10 à 15 % des patientes voient leur bartholinite récidiver. La plupart des récidives concernent l’obstruction répétée du canal et donc la formation d’un kyste. Lorsqu’une bartholinite récidive, deux options sont possibles : d’un côté, on procède à l’ablation de la glande de Bartholin. Et d’un autre côté, on réalise une marsupialisation : le kyste est percé et ses bords sont recousus sur la face interne des grandes lèvres pour maintenir l’orifice de la glande ouverte et empêcher une obstruction.