Grossesse & Santé : la cholestase gravidique, risques et traitements

a cholestase gravidique est une affection du foie qui peut s’avérer dangereuse pour le bébé. Quels en sont les symptômes et les traitements ? On fait le point.

Cholestase gravidique : symptômes et risques

La cholestase gravidique, nommée gravidique pour se référer au terme gravide, ou enceinte, est une des maladies du foie pouvant survenir durant la grossesse, le plus souvent au troisième trimestre. On parle de cholestase lorsque les hépatocytes qui sont en réalité les cellules du foie, ne font plus bien leur travail et laissent passer les acides biliaires dans le sang au lieu de les évacuer dans la bile. Les acides biliaires vont alors s’accumuler dans le sang, avec pour risque d’atteindre le fœtus via le placenta.

Donc, d’une manière plus simple, la cholestase intrahépatique de la grossesse, plus connue sous le nom de cholestase gravidique, correspond à une rétention de bile dans le foie. Au lieu de poursuivre leur route dans le système digestif, les acides biliaires refluent dans le sang où leur concentration s’élève anormalement. Cette affection concerne environ 1 % des grossesses.

Tous les mécanismes de la cholestase gravidique ne sont pas connus. Mais cette pathologie hépatique surviendrait quand les modifications hormonales de la grossesse s’ajoutent à un terrain génétiquement prédisposé. L’âge de la maman et la gémellité ont aussi été identifiés comme des facteurs de risque.

Les symptômes de la cholestase gravidique sont à la base la provocation d’intenses démangeaisons qui sont aussi appelées prurit gestationnis, sans lésions apparentes type eczéma. Elles se manifestent le plus souvent au 3erimestre, d’abord au niveau des paumes des mains et des pieds, avant de s’étendre à l’ensemble du corps. Une fois sur 10, elles sont associées à une jaunisse.

Concernant les risques que peuvent rencontrer la maman ou encore le bébé, la cholestase gravidique n’a le plus souvent aucun impact sur la santé de la maman. Les démangeaisons s’accentuant la nuit, elle peut toutefois favoriser des insomnies et la fatigue.

Les risques pour le fœtus sont par contre bien réels. Sans que l’on sache précisément pourquoi, les concentrations élevées d’acides biliaires sont en effet toxiques pour ce dernier. Au-delà de 40 µmoles/L, le risque fœtal est considérablement augmenté. La fréquence des morts foetales en fin de grossesse varie entre 1 et 2 % des cas. Pour limiter leur survenue, des accouchements prématurés sont souvent nécessaires, avec les risques qui y sont associés.

Traitements

Le traitement de la cholestase gravidique repose sur la prise d’acide ursodésoxycolique (AUDC) jusqu’à l’accouchement. Très bien tolérée par la maman comme par le foetus, cette molécule permet de limiter la concentration d’acides biliaires dans le sang, diminuant ainsi les risques foetaux et les démangeaisons maternelles. Elle est commercialisée sous les noms de Délursan® et Ursolvan®.

En raison du risque fatal, une hospitalisation est généralement nécessaire à partir de la 36eemaine d’aménorrhée afin d’assurer une surveillance optimale. Des bilans hépatiques, des monitorings, et des échographies sont vraiment demandés. La décision de déclencher l’accouchement à partir de 37 semaines d’aménorrhée se discute au cas par cas. À 39 semaines d’aménorrhée, elle est quasi systématique.

Les démangeaisons disparaissent spontanément quelques jours après l’accouchement mais le risque de récidive est élevé. La grossesse suivante devra donc bénéficier d’une surveillance étroite et pourra nécessiter d’emblée une prise en charge dans une maternité de niveau III.

Ainsi, si la situation maternelle s’améliore rapidement après l’accouchement, elle nécessitera quand même un suivi pour vérifier que tout revient dans l’ordre au niveau hépatique. Une nouvelle grossesse devra également être surveillée de près, car le risque de récidive de cholestase gravidique est important et avoisine les 50 %.